Septembre,  visite officielle de Lionel Jospin

Après l'incendie de "Chez Francis" et le soudain dénouement dans l'affaire "Erignac", les insulaires attendaient un signe fort du Premier Ministre, Lionel Jospin.
Pour la première fois, tous les élus de la classe politique traditionnelle ( DL, RPR, RDG, PS, PC ) ont réclamé, sans se séparer des pouvoirs régaliens,  un statut d'autonomie de gestion. Vieille revendication nationaliste, l'idée a semblé peu à peu séduire les partisans d'une plus grande décentralisation.


Emile Zuccarelli, Lionel Jospin et J-Pierre Lacroix
(JT M6 et dossier Arte Info)
Malgré sa particularité (statut Pierre Joxe, 1991 ) , la collectivité territoriale est confrontée à de multiples difficultés administratives: pouvoirs limités, nombreuses décisions votées à la majorité et rejetées par l'Etat, budget 1999 sous tutelle de la Préfecture, etc...
Avant la visite officielle, la presse régionale, prétextant d'être bien renseignée par Matignon, se  mettait à rêver d'une décision qui ferait date. La pression montait d'un cran chez les nationalistes.
Lors de son discours de fermeté devant les élus de l'assemblée de Corse, Lionel Jospin a émis un préalable à toutes évolutions institutionnelles: l'arrêt définitif de la violence clandestine.
Pour des confrères journalistes, ce déplacement officiel a rappellé le bon vieux temps du Ministère de l'Information et de son outil favori: l'ORTF. Afin d'éviter à Lionel Jospin, de répondre à des situations complexes et des questions gênantes ( paillotte, statut, enquête Erignac, etc... ) posées par des reporters non officiels, le service de presse de Matignon a organisé un pool télévision regroupant TF1, F2, F3. Ces chaînes représentées par des journalistes triés sur le volet, étaient chargées de filmer et de distribuer les images du Chef du gouvernement. Quant à M6 et Arte, interdiction leur était faite d'approcher le Premier Ministre, sinon les reporters étaient passibles d'une intervention musclée de la sécurité. La transmission des images du pool était assurée par la chaîne "publique" France 3 Corse: une sévère manière de contrôler tout écart. Autre indication de taille, une conférence de presse était prévue à Bastia mais seule, une caméra "publique" de France 3 Corse était autorisée à filmer l'événement. Bien sûr, au cas où un journaliste rédacteur posait la question qui fâche, la K7 était la propriété du service "public".
En mairie de Bastia, au cours d'un lunch , nous avons interpelé Monsieur Lionel Jospin sur le statut d'autonomie de gestion, idée de conscensus évoquée par les élus corses. Sa réponse:
" Vous êtes qui ? Votre question, c'est quoi? Autonomie de gestion, je ne vous répondrai pas, il n'en est pas question " . Précisons que la Préfecture nous avait accrédités pour ne pas filmer la visite.
 
 
Autres reportages
Page accueil