En janvier 1996, le rassemblement de Tralonca révèle l’existence de tractations entre le ministère de l'Intérieur et le FLNC ; à la veille de la visite de M. Jean-Louis Debré en Corse se tient une conférence de presse du FLNC, avec 600 hommes
cagoulés et armés. Cinq mois plus tard, les discussions sont interrompues et les attentats reprennent.

M. le Président : Quand vous êtes arrivé au ministère de l'Intérieur, l'affaire de Tralonca était relativement récente. Avez-vous eu des éléments d'information sur cette affaire, sur les conditions dans lesquelles ce rassemblement avait pu se tenir, sur la complaisance manifestée par des responsables ministériels à l'égard de certains mouvements nationalistes, sur les discussions qui avaient eu lieu, sur les enquêtes menées par la gendarmerie ou la police et l'identification d'un certain nombre d'individus ?
M. Jean-Pierre CHEVÈNEMENT : Je me suis investi autant que possible dans l'ensemble de ces questions pour en comprendre les tenants et aboutissants. J'ai observé un très grand laxisme dans la manière dont les affaires étaient conduites. Aucune information n'a été ouverte après Tralonca, alors qu'on voyait 600 hommes cagoulés et armés lisant un texte, dont j'ai appris qu'il avait été élaboré en relation directe avec le cabinet du ministre de l'Intérieur de l'époque. Il y avait au sein de ce cabinet certains hommes, qui bien sûr n'y sont plus, et les fonctionnaires de l'époque recevaient un certain nombre d'instructions; aujourd'hui les instructions sont différentes.

M. le Président : Le fait que les services de gendarmerie avaient identifié les auteurs de cette infraction, a-t-il été porté à votre connaissance ?
M. Jean-Pierre CHEVÈNEMENT : Les services de gendarmerie les ont peut-être identifiés, mais en l’absence d’information judiciaire, il ne s’agit que d’une information ou d’une indication. C’est possible ; en tout cas, je n'en ai pas eu la trace et quand j'ai  demandé si on pouvait me fournir ces indications, je n'ai pas pu les recevoir.
 

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